Soan revient avec un nouvel album, Sous les yeux de Sophie

Deux ans et demi après Tant pis, Soan sort son nouvel album, sobrement intitulé Sous les yeux de Sophie.

Fan de la deuxième heure (oui car avant son passage à la télé, j’ignorais qui il était), je me le suis procurée dès le premier jour mais pour être honnête je ne l’ai pas apprécié tout de suite et suis restée perplexe; en effet, à la première écoute je l’ai trouvé plus sombre, moins rock, moins percutant. Peut-être le contexte y contribue-t-il beaucoup (train, mal assise, voisin très odorant). Comme je n’aime pas rester sur ma faim, je l’ai réécouté, surtout que d’ordinaire j’aime ses créations… très bonne idée j’ai eu puisque pour le coup j’ai tout simplement adoré !

Avant lui, je n’étais guère fan de la chanson française, hormis quelques valeurs sûres comme Noir Désir ou Mickey 3D.
Soan est un auteur-compositeur et interprète qui flirte avec une poésie que l’on pourrait qualifier de réaliste; sa plume parfois drôle, parfois tendre mais toujours cinglante s’apprécie un peu mieux chaque jour.

soan sous les yeux de sophie
A travers ses chansons, l’artiste se raconte. Ce nouvel opus est une nouvelle fois très personnel ; je parlais d’une première impression de tristesse, et pour cause, il est dédiée à une amie chère précocement disparue :
Quand Soan finissait un texte de chanson, il allait voir Sophie : « Je descendais avec ma feuille de papier et elle arrêtait ce qu’elle faisait pour m’écouter, même s’il y avait des clients. Si elle pleurait, je savais que c’était bon. Sinon, je retournais bosser. » Un jour, en débouchant une bouteille de vin, Sophie s’est effondrée et s’est éteinte quelques jours plus tard. « Elle était quelqu’un de nécessaire à ma vie. Depuis, je suis un peu comme un pneu crevé. » 
 
Si l’album nous raconte Sophie, il est aussi l’étonnant portrait d’un artiste en folle liberté qui mêle chansons neuves et vieilles compagnes de route, humeurs éthyliques et vents d’azur, fraternité de la nuit et sérénités de l’aube. 
Avant d’être Soan, il avait été pompier, routard, ouvrier, dealer, aventurier de comptoir et aspirant-chanteur – des vies dont les échos se mêlent tout au long de l’album.

Résolument moins rock que le précédent opus, sa voix rocailleuse se fait ici plus douce pour un album qui selon moi est plus standardisé passage en radio, tout en ne perdant rien de son authenticité.

Côté chansons, Sous les yeux de Sophie réserve quelques surprises à l’image du titre 1h de plus que j’ai trouvé léger, rétro et amusant ; il m’a fait penser à du Adamo, bien qu’ici les textes aient un sens, contrairement à l’interprète précédemment cité (rassurez-vous Soan ne s’est pas vendu au diable à chanter Tous les matins il achetait son p’tit pain au chocolat la la la la !).
Dans le style vieille chanson parigote du début du siècle dernier, il y a aussi les morceaux C’est pour ça, que l’on pourrait dans une certaine mesure comparer à du Boris Vian et sa Complainte du progrès ainsi que Pour de bon, nostalgique et faussement naïve.

D’autres titres plus sombres m’ont interpellé : Paris (Paris, la nuit, un taxi et jrêvais…), Les z’anges où le jeune homme évoque des états seconds, très probablement dus à la prise de substances illicites avec une voix proche d’un Bertrand Cantat dans les refrains (J’ai les deux pieds dans la colle, je vole mais le sol me suit…) et Pas peur du ciel aux sonorités psychédéliques (Je veux me souvenir de rien, le silence est assourdissant…).

Les fans auront reconnu des morceaux déjà interprétés en live mais avec de nouveaux arrangements comme Inchalleluia, qui est très certainement le titre le plus émouvant puisque rendant directement hommage à son amie tragiquement disparue, mais aussi Je reste, Paris et A tire d’aile.

A noter la présence de Melissmell sur le single A tire d’aile, présence plutôt discrète d’ailleurs tandis que la voix rauque de Christian Olivier est bien plus marquante sur le morceau d’ouverture S’il y a du monde.
L’album a été réalisé par Soan et Frédérik Rubens (artiste électro-rock new-yorkais) ; il a notamment été enregistré aux studios Davout (grand studio parisien à la renommée internationale, qui a entre autres accueilli Lenny Kravitz, Lady Gaga ou Rihanna) et Kitchen Studio (Genève).

Ma note : 15/20

Peu à l’aise en communication, Soan ne s’est pas fait que des amis parmi les médias dont certains se sont empressés pour lui faire une mauvaise presse que les non initiés écoutent aveuglément.
Parlons ici de l’artiste : ses chansons nous touchent ou pas ; moi oui. En revanche, Soan si tu m’entends, pas de langue de bois entre nous : j’aime beaucoup ta voix, tes textes sensés et ton univers aussi passionné que révolté mais par pitié, arrête les chansons en anglais parce que ton accent ne les met vraiment, mais alors vraiment pas en valeur. C’est une remarque que je m’étais déjà faite sur Tant pis et je constate avec effarement que tu récidives… c’est dommage !
Soan débutera sa tournée à la Maroquinerie de Paris le 8 mai 2012. C’est un artiste sincère et sympathique, médiatiquement discret, que je vous conseille fortement de découvrir en live parce qu’il y donne tout.
Les places sont en vente ici et à ce prix là, il ne faut surtout pas s’en priver !
Alexandra… 

APERÇU DE REVUE
Note
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Joyeuse contestataire, maman curieuse et connectée, Alex adore farfouiller le web et a toujours un truc à dire. Aime le rock (NIИ ♥) et les félins.

7 COMMENTAIRES

  1. Oui dommage ça abîme, au minimum…. l’impact de l’article.
    Les vidéos souvenirs prises avec le matos et moyens du bord,
    seraient mieux à rester à l’état de… souvenirs personnels.

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